Star Wars VII : le Réveil de la Force, de J. J. Abrams

Difficile de ne pas parler de LA sortie cinéma du mois de décembre 2015, Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force, la suite d’une saga qu’on n’a plus de besoin de présenter. La question est d’ailleurs : s’agit-il vraiment de science-fiction ? Le débat est ouvert, mais puisqu’il m’a été donné de voir le film, autant en profiter pour une petite critique.

Quand on parle de Star Wars VII, tout le monde souligne qu’il ne faut pas dévoiler l’intrigue à ceux qui ne l’ont pas encore vu. Pourtant le problème se pose pour n’importe quel film ou livre, mais en l’espèce l’attente des fans est telle que la chasse aux spoilers a été terrible. Toutefois, la sortie ayant déjà eu lieu au moment où j’écris cet article, et vu le nombre d’informations disponibles sur internet, je procéderai comme d’habitude, à savoir résumer la première partie de l’oeuvre sans aller trop loin.

SW7_Rey_BB8

Le réalisateur, J. J. Abrams, est une figure du cinéma puisqu’on l’a récemment vu au travail sur Star Trek, autre franchise à (très) grande audience et d’ailleurs la seule dont l’univers peut se comparer avec celui des Jedis. Auparavant, il avait notamment créé la série Lost : les disparus. Il a co-signé le scénario avec Laurence Kasdan, auteur, entre autres, de ceux des épisodes V et VI. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que leur duo est efficace : Le Réveil de la Force a dépassé un milliard de dollars de recette en seulement 12 jours d’exploitation.

Notons que le créateur de la série, Georges Lucas, n’a pas participé à la réalisation : après avoir revendu la franchise à Walt Disney pour 4 milliards de dollars en 2013, ce dernier lui a proposé de participer aux futurs films en tant que consultant artistique. Mais vexé que ses propositions n’aient pas été reprises, il a préféré rester à l’écart.

Alors, cet épisode VII ? Il nous transporte chronologiquement après l’Episode VI – mais vous vous en doutiez 🙂 30 ans se sont écoulés depuis la chute de l’Empire et le retour de Luke Skywalker. Mais les forces du mal n’ont pas été complètement vaincues, loin de là : elles se sont réorganisées sous la forme d’une organisation, le Premier Ordre, bien moins puissante mais néanmoins encore redoutable.

Luke Skywalker (Mark Hamill), justement, a disparu volontairement et se cache quelque part dans la Galaxie. Il se murmure que le seul moyen de le trouver est une carte détenue par Lor San Tekka (Max von Sydow), un vieil homme vivant sur la planète Jakku. Poe Dameron (Oscar Isaac), un pilote de la Résistance, se rend sur place et tombe nez à nez avec une escouade du Premier Ordre dirigée par Kylo Ren (Adam Driver), un chevalier Sith. Dameron parvient à cacher la carte dans un droide, BB-8, qui s’enfuit. Ren ordonne alors à ses hommes de massacrer les habitants des environs, mais l’un des stormtroopers, le matricule FN-2187 dit Finn (John Boyega), refuse d’obtempérer. Quelques temps après, BB-8 rencontre Rey (Daisy Ridley), une jeune femme pauvre qui survit en vendant des objets récupérés sur des épaves.

casque_dark_vador

La lecture de ce qui précède vous révèle le premier aspect frappant, et principal défaut à mon avis, de ce film : son scénario, complètement repompé sur celui de la première trilogie. Le droide utilisé pour transporter un message, le “méchant” caché sous un masque, un rayon destructeur monté sur une station spatiale géante, une attaque de chasseurs X-Wing pour détruire celle-ci, le conflit entre un père et son fils… Tout les clichés de Star Wars se retrouvent ici, faisant de l’Episode VII une sorte de remake des précédents. Franchement, si l’on veut que le succès de la franchise se perpétue, il faudrait innover un peu et éviter le syndrome à la Jurassic Park ou Superman, où la même histoire est resservie périodiquement et sans complexe au spectateur.

Soulignons aussi que le film n’est pas en accord avec l’univers étendu de Star Wars, cet ensemble de romans dont certains décrivaient les évènements survenus après la chute de l’Empire, et qui auraient donc dû logiquement constituer la trame de l’Episode VII. Au lieu de cela, J. J. Abrams a préféré inventer une nouvelle histoire, et a déclaré que les récits précédents étaient désormais considérés comme des « légendes » ! Une bien mauvaise idée à mon avis, qui balaye le travail réalisé depuis des années par de nombreux romanciers dont certains ont certainement beaucoup plus de talent qu’Abrams niveau scénario. Mais passons.

Les personnages, eux, manquent de profondeur par rapport à ceux des épisodes IV à VI, et la découverte de la Force par Rey se fait vraiment trop vite. On s’étonne aussi qu’elle et Finn sachent manier parfaitement le sabre laser, arme qu’ils viennent pourtant de découvrir. Quant aux dialogues concernant les avaries du Faucon Millenium et les bricolages pour y remédier, ils frisent le ridicule.

Mais la magie fonctionne malgré tout, d’abord grâce au retour de Han Solo (Harrison Ford), qui n’a pas perdu de son tempérament, et qui possède un vrai rôle dans le film, à l’inverse de Leïa Organa (Carrie Fisher), uniquement présente pour la forme. Les vaisseaux spatiaux emblématiques comme le Faucon Millenium et les chasseurs TIE sont là également, quoique moins nombreux vu la chute de l’Empire. Rien de ce qui fait la magie de Star Wars n’a été oublié : extra-terrestres aux aspects innombrables, rayons lasers, déplacement d’objets par télékinésie grâce à la Force, robots attachants (le nouveau BB-8, et bien sûr C-3PO et R2-D2), voyages en hyper-espace, courses-poursuites de vaisseaux spatiaux dans des tunnels immenses, etc. Bien sûr, le réalisme scientifique est totalement absent, mais finalement qui s’en soucie ?

faucon_millenium

Côté effets spéciaux, le film est visuellement magnifique, et ce grâce à l’usage plus modéré des trucages CGI et au retour à la bonne vieille maquette. L’aspect réaliste des images y gagne énormément, pour le plus grand plaisir du spectateur. La capture de mouvement a été aussi particulièrement bien exploitée, comme dans le dernier épisode de la Planète des Singes, notamment pour les personnages de Maz Kanata (Lupita N’Yongo) et Snoke (Andy Serkis).

Star Wars VII, c’est donc le mélange d’un film de Georges Lucas avec les codes du blockbuster moderne, pour un résultat qui laisse un peu sur sa faim faute d’innovation sur le scénario. Toutefois, il ne s’agit ici que du premier volet d’une nouvelle génération, laquelle comprendra au moins quatre films principaux, auxquels s’ajouteront une série et des films dérivés basés sur des personnages secondaires. Souhaitons donc que Disney ne bascule pas du côté obscur de la Force… commerciale.

Ma note : 3 sur 5

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