Sunshine, de Danny Boyle

Encore un film de SF dont j’aimerais vous parler : Sunshine, sorti en 2007. Un régal tant pour les yeux que pour les oreilles, et que l’on doit à Danny Boyle, réalisateur britannique également connu pour 28 jours plus tard (2002).

La distribution est plutôt bien faite. Jugez plutôt : Michelle Yeoh (Tigre et Dragon, Mémoires d’une Geisha), Hiroyuki Sanada (Le dernier Samurai), Cillian Murphy (The Dark Knight, Inception), Cliff Curtis (Training Day), Rose Byrne (28 semaines plus tard) et Chris Evans (Captain America).

Tout ce beau monde nous emmène en 2057, sur une Terre en proie à un début de glaciation. Le coupable : le Soleil, qui s’éteint progressivement. Les humains lui envoient donc un vaisseau spatial, Icarus 2, dont la mission est de larguer sur notre étoile une énorme bombe thermonucléaire censée la réactiver.

Icarus 2 possède un équipage international commandé par le capitaine Kaneda (Hiroyuki Sanada). A son bord, un psychologue, Searle (Cliff Curtis), veille à l’équilibre de l’équipe. La nourriture et l’oxygène sont produits de façon naturelle dans une serre géante, entretenue par la botaniste Corazón (Michelle Yeoh).

Alors que la mission s’approche de son objectif, elle reçoit un signal de détresse en provenance d’Icarus 1, un vaisseau envoyé sept ans plus tôt pour une mission similaire et qui avait mystérieusement disparu. L’équipage se concerte et décide de se porter à son secours, et cela afin de bénéficier, si nécessaire, de la bombe que transportait Icarus 1.

Malheureusement, Icarus 1 s’avère n’être plus qu’une épave, et son équipage est retrouvé mort. Icarus 2 cherche à reprendre sa route. C’est alors qu’un intru est détecté à bord…

Sunshine_transfert

A partir d’un scénario relativement simple, Danny Boyle nous offre ici un dépaysement total. D’abord parce que le Soleil est rarement l’objectif des récits de SF, plus tournés vers l’espace lointain. Mais aussi parce que le film se divise en deux parties, chacune reflètant un genre différent.

La première, est très contemplative, dans tous les sens du terme. Les personnages sont présentés, avec leurs défauts, leurs angoisses, et surtout leur étrange fascination pour le Soleil, qu’ils s’obstinent à vouloir regarder comme s’ils y cherchaient quelque chose.

Et une seconde partie, qui vire au thriller, où l’équipe lutte pour sa survie tout en essayant de mener à bien sa mission.

Mais le plus surprenant, c’est sans doute la fin du film. Difficile de la commenter sans la dévoiler, mais disons qu’on assiste à un phénomène étrange et qui n’est pas clairement expliqué. Le spectateur est alors libre de l’interpréter à sa façon. Une technique difficile à maitriser, car elle aboutit quelquefois à des abus. Mais force est de reconnaitre qu’ici elle marche parfaitement.

Sunshine s’inspire bien sûr aussi de ses prédécesseurs : les scènes où Capa (Cilian Murphy) passe du vaisseau spatial à sa charge utile rappelle 2001, l’Odyssée de l’espace, de même que la musique classique.

Le réalisme scientifique n’est évidemment pas de la partie. Le Soleil tire son énergie de sa propre masse, et a suffisamment de réserves pour briller encore cinq milliards d’années au moins. Et s’il venait à s’éteindre, la puissance infime d’une bombe d’origine humaine n’y changerait rien.

Néanmoins, certains aspects d’un voyage aux abords d’une étoile sont bien traités, comme par exemple le bouclier géant qui protège le vaisseau spatial du rayonnement.

Sunshine_capa

Le vaisseau spatial est baptisé Icarus, une allusion bien sûr au mythe d’Icare, un jeune homme qui s’était fabriqué des ailes en collant des plumes à ses bras avec de la cire, et qui mourut d’avoir volé trop près du Soleil. En tout cas, un tel nom n’était pas un bon présage pour l’expédition !

Un mot de la bande son, composée par John Murphy : je vous recommande le thème principal, Adagio in D minor, un morceau abondamment réutilisé après, notamment par la publicité, et qui fait ressentir parfaitement l’ambiance du film, à la fois contemplative et dramatique.

Sunshine, c’est un film d’auteur, une oeuvre qui s’éloigne des standards balisés de Hollywood pour notre plus grand plaisir. Malheureusement, à sa sortie il n’a pas trouvé son public, et cela ne milite pas en faveur de la prise de risque et de l’originalité. Dommage, car on trouve ici tous les ingrédients du grand cinéma : une histoire qui mélange plusieurs genres, des acteurs crédibles, des effets spéciaux impressionnants mais sans excès, et une musique envoutante.

Ma note : 5 sur 5

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