Expérience Mort, vol. 1: La barque de Râ

La science-fiction qui tutoie le paranormal, cela vous intéresse ? Car c’est le thème de la bande dessinée d’aujourd’hui, La barque de Râ, le premier tome de la série Expérience Mort. Au scénario, on trouve d’abord Valérie Mangin, une passionnée de l’antiquité gréco-romaine, ayant notamment signé des épisodes d’Alix Senator et la série Chroniques de l’Antiquité galactique. Elle est secondée par son mari, Denis Bajram, créateur des séries Cryozone et Universal War. Le dessinateur, Jean-Michel Ponzio, a commencé sa carrière comme spécialiste en images de synthèses, et a notamment signé l’album Kybrilon et la série Le complexe du chimpanzé.

Nous sommes en 2016, en Egypte. Une nuit, au Musée Archéologique du Caire, deux gardiens découvrent que l’une de leurs plus fameuses pièces, la barque de Râ, s’est subitement mise à briller d’une lumière étincelante. L’un d’eux la touche et meurt aussitôt, foudroyé.

Trois ans plus tard, en 2019, aux Etats-Unis, Katlyn Fork, la femme la plus riche du monde, voit son fils Matt mourir lentement d’une maladie incurable. Le jeune homme est maintenu en vie depuis dix ans dans un caisson cryogénique, mais il n’y a plus d’espoir.

Sa mère utilise alors tous les moyens à sa disposition pour tenter une expérience inouïe : voyager jusqu’au frontières de la mort, pour en ramener l’âme de son fils.

Elle recrute les meilleurs scientifiques de la planète, lesquelles mettent au point une sorte de véhicule ressemblant à un vaisseau spatial. Toutefois il ne se déplace pas dans l’espace, mais dans une sorte d’univers parallèle grâce à la technologie de l’ « intrication quantique ».

Mais ces efforts, d’abord secrets, ne le restent pas très longtemps, et suscitent la colère des croyants du monde entier qui voient l’expérience comme une insulte à Dieu.

Concentrée sur son objectif, et entourée d’une équipe de chercheurs dont un envoyé du Vatican, Katlyn Fork autorise les médecins à euthanasier Matt, puis se lance à la poursuite de l’âme de son fils. Des phénomènes étranges se produisent alors : le temps à l’extérieur du vaisseau quantique semble s’arrêter, puis celui-ci « décolle » et entre dans une dimension inconnue…

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Malgré les apparences, Expérience Mort s’appuie sur des phénomènes réels et étudiés de plus en plus sérieusement : les EMI, ou Expérience de Mort Imminente. On rencontre aussi le sigle anglais « NDE » (Near Death Experience). Il s’agit de l’ensemble des sensations que certaines personnes disent avoir ressenti après avoir été temporairement dans un état proche de la mort, au sens médical du terme.

Les témoignages parlent d’un tunnel obscur, d’une lumière à l’autre bout, d’une sensation de bien être et de plénitude intense, et pour certains l’impression de voir son propre corps de l’extérieur.

Bien sûr, la religion explique ce type de récit bien différemment de la science. Pour la première, il s’agit d’une vision de l’au-delà, alors que pour la seconde, les EMI sont des hallucinations imputables au manque d’oxygène du cerveau.

C’est en mélangeant subtilement ces deux interprétations que les scénaristes nous font explorer les abords de l’au-delà. Un thème assez proche des films L’Expérience interdite, Le projet Lazarus ou les Thanatonautes de Bernard Weber par exemple.

Le récit est, dans ce premier tome tout au moins, très linéaire. Chaque personnage est brièvement présenté, sauf le docteur Isaac Levy dont la vie est racontée sous forme d’une vision en flash-back. Mais on apprécie que le premier tome nous plonge déjà dans l’histoire, sans nous obliger à attendre le suivant.

Graphiquement parlant, Expérience Mort a un dessin de type réaliste, agréable à la lecture mais sombre, très sombre, avec comme couleurs dominantes le noir, le kaki et l’orange. Un style assez semblable à celui d’Eternum. Côté détails, le dessinateur s’est donné du mal, et le lecteur a presque l’impression de regarder un film.

Côté références culturelles, l’album cite beaucoup le dieu Râ, une divinité des anciens égyptiens. Selon eux, il utilise sa barque pour faire passer l’âme du Pharaon vers le royaume des morts.

Pour conclure, La barque de Râ vaut le détour : une histoire originale, un dessin travaillé, il n’en faut pas plus pour ouvrir les tomes 2 et 3, Cimetière céleste, et La résurrection de la chair, que je commenterai prochainement sur ce site.

Ma note : 5 sur 5

 

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Expérience Mort – tome 1 : La barque de Râ
De Valérie Mangin, Denis Bajram (scénario), et Jean-Michel Ponzio (dessin)
Editions Ankama, 13,90 euros

 

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