Silo : Générations, de Hugh Howey

Après Silo et Silo : Origines, voici le troisième et dernier tome de la saga, Silo Générations. Chronologiquement, alors que le deuxième livre se déroulait avant le premier, le troisième suit le premier. Oui, je sais, ce n’est pas très logique, mais disons simplement que Silo : Générations achève le récit.

Replongeons nous donc dans l’histoire du deuxième livre… pardon, du premier. Juliette est devenue maire du silo 18. Elle fait creuser un tunnel jusqu’au silo 17 et sauve Solo et les enfants qui y étaient prisonniers. Mais son principal objectif est la destruction du silo 1, celui qui contrôle tous les autres.

Donald, lui, est condamné à une mort lente du fait des nanos-machines qui infestent son corps. Il se fait passer pour Thurman et essaye d’aider le silo 18, quitte à entrer en conflit avec Juliette. Avec sa soeur Charlotte, la pilote de drone, il découvre que le nuage mortel de nano-machines ne s’étend que dans un périmètre limité. Au delà, la Terre est intacte et parfaitement habitable.

Malheureusement, Thurman, le vrai, bien qu’ayant été tué par Donald, a réssuscité grâce à l’aide des nanos-machines qui ont « reconstruit » son corps. Il capture Donald et libère le gaz contenant des nano-machines tueuses dans le silo 18…

Le point fort de Silo : Générations, c’est ses personnages : Hugh Howey évite le manichéisme traditionnel chez les auteurs anglo-saxons, et nous délivre un récit plus humain, plus authentique : ce n’est pas la lutte des « gentils contre les méchants », mais celle d’êtres humains pour échapper à une terrible machination. On remarque par exemple que Juliette déteste Donald, alors que dans un récit simpliste ils auraient été alliés. Quant à Donald lui-même, c’est un demi-héros : un homme normal qui parvient du fait des circonstances à jouer un rôle de premier plan, mais sans briller pour autant.

Un bon point aussi pour la narration, directe et facile à lire. L’action est continue, et les 432 pages défilent vite.

Par ailleurs, que représentent les silos, au-delà du roman ? On peut y voir une sorte de parallèle avec un état préoccupé uniquement par ses problèmes intérieurs, une métaphore de l’isolement physique ou intellectuel de la société moderne. Le plan de Thurman est aussi révélateur de l’absence d’empathie dont font preuve certains dirigeants : peu importe les souffrances imposées aux autres si elles servent leur desseins personnels.

Source : Wall Street Journal
Source : Wall Street Journal

Mais l’histoire en elle-même est un peu trop torturée. Personnellement j’ai un peu de mal avec le personnage de Thurman, censé disparaitre et qui revient d’entre les morts. Le prétexte des nano-machines donne un peu trop de liberté au scénario, au détriment de la crédibilité de l’histoire.

Quant au final, son côté « happy end » décevant fait trop penser à Hollywood. Hugh Howey pense peut-être à l’adaptation ciné de son livre, mais pas le lecteur qui aurait préféré que cette partie soit un peu plus fouillée et non expédiée en cinq pages.

Et puis il y a cette impression que beaucoup de questions restent sans réponse claire. Je n’ai personnellement toujours pas compris clairement le but de la création des silos. Sans compter qu’on ignore le sort réservé aux autres.

Hugh Howey conclut ainsi une grande saga, et s’affirme comme un auteur de SF à part entière. C’est aussi une grande victoire pour l’auto-édition, qui prouve qu’elle peut faire émerger de véritables talents. Le thème de Silo, la vie souterraine, est plutôt original et traité avec la dose de suspens et de rebondissements qui convient. Mais le côté complexe de la chronologie et le côté « mal achevé » de l’histoire gâche un peu l’ensemble.

Ma note (pour Silo : Génération seulement) : 3 sur 5
Ma note (pour la série Silo dans son ensemble) : 4 sur 5

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