Zone de guerre, de Dan Abnett

Un mélange de soldats, de SF et de futur, ça vous dirait ? C’est ce que propose Zone de guerre (en VO : Embedded), le dernier roman de Dan Abnett.

Je ne connaissais pas cet auteur britannique, mais une petite recherche sur son nom a fait revivre une foule incroyable de souvenirs. Car Abnett est, entre autres, connu pour ses romans basés sur l’univers de Warhammer. Il s’agit d’un monde imaginaire, inspiré du moyen-âge et des romans de J. R. R. Tolkien, et créé en 1983 par deux autres anglais, Steve Jackson et Ian Livingstone.

Or ces deux messieurs sont aussi à l’origine de la fabuleuse série des Livres dont VOUS êtes le héros qui connurent leur heure de gloire dans les années 80-90. Mon premier fut Le combattant de l’Autoroute. Puis il y en eu des dizaines d’autres. Le meilleur ? Le Manoir de l’Enfer ! Grâce à la possibilité de faire des choix, ces livres avaient une durée de vie incroyable, et il n’était pas rare de les recommencer plusieurs fois (en trichant un peu !) pour explorer des endroits inconnus. C’était avant l’époque de l’informatique. Mais je m’égare…

Zone de guerre, donc, nous transporte dans un futur indéterminé où l’humanité a colonisé plusieurs dizaines de planètes extrasolaires. La dernière en date, baptisée provisoirement « 86 », connait un conflit armé entre l’organisme responsable de la colonisation, le DMBI (Directoire Militaire du Bureau d’Implantation), et un ennemi dont l’identité reste floue. Lassé des communiqués officiels qui minimisent la situation, Lex Falk, célèbre journaliste lauréat du prix Pulitzer, débarque sur la planète pour mener sa propre enquête.

Il fait la connaissance d’une jeune confrère, Noma, avec qui il découvre qu’un attentat a été maquillé en catastrophe naturelle. Puis il est contacté par GEO, une entreprise privée qui exploite les ressources de 86 et craint pour son image. On lui propose le scoop du siècle : télécharger son esprit à l’intérieur du cerveau d’un soldat volontaire, Nestor Bloom, et prouver que son commanditaire n’est pour rien dans les combats.

Falk accepte et, une fois connecté à Bloom, ressent les mêmes choses que lui : il voit ce qu’il voit, entend ce qu’il entend, sait ce qu’il sait, ressent ses efforts et sa fatigue. Il est toutefois complètement passif, et ne peut agir sur le corps de son hôte. Quant à ce dernier, bien que consentant, il est perturbé par cette « présence » et son efficacité diminue.

L’ennemi, lui, s’avère beaucoup plus puissant que prévu. Touché par une balle, Bloom sombre dans l’inconscience. Falk découvre alors qu’il a le contrôle du corps. Désormais libre de ses mouvements, il va pouvoir enquêter au coeur de l’action, tout en luttant pour sauver la vie de son hôte, et accessoirement la sienne.

Même si ce n’est pas évident dès le début du livre, Zone de guerre est une uchronie. Il s’agit d’un genre littéraire qui consiste à imaginer que l’histoire a suivi un chemin différent de notre réalité (d’où le nom du site que vous êtes en train de lire). Par exemple, l’histoire d’un Napoléon vainqueur à Waterloo serait un roman uchronique. Ici, le monde de Lex Falk n’est pas notre futur, car l’URSS n’a pas disparu, et forme avec ses alliés le « Bloc » . Face à elle, on trouve bien sûr les Etats-Unis, rebaptisés « US » pour « Unité de Statut », et la Chine.

La traduction du roman est excellente et Dan Abnett est particulièrement doué pour les descriptions : sans jamais lasser, il dessine un monde futuriste mais pas trop, où on reconnait les mêmes tensions qu’à notre époque : rivalités des grandes puissances, pouvoir des grandes entreprises, communication et manipulation de la vérité, etc. Les excès du marketing sont présentés avec humour, comme ce « patch linguistique » que certains individus portent, contre rémunération, et qui remplace automatiquement certains jurons par une marque déposée : vous ne direz plus « merde » mais « myrt® » !

Qui dit futur dit technologie avancée, et Zone de guerre ne fait pas exception avec une multitude d’armes nouvelles, même si beaucoup de détails nous semblent familiers et contribuent à rendre crédible l’univers du livre. Question gadgets, remarquons les lunettes de soleil capables de filmer, un petit clin d’oeil aux fameuses Google Glass.

Les dialogues sont très anglo-saxons : incisifs et riches en critiques et en sous-entendus. Côté rythme, le premier quart du roman est plutôt calme, car centré sur la présentation des personnages, du contexte et de la planète 86. Mais une fois le duo Falk/Bloom sur le champ de bataille, l’action démarre brutalement et ne s’arrête plus.

C’est peut-être là la seule faiblesse du roman : un peu trop de scènes de combat, ce qui plaira aux fans du genre mais rebutera parfois les autres. La fin est aussi un peu bâclée, la révélation de la cause du conflit étant expédiée en deux lignes ou presque. On suit toutefois avec intérêt le « reportage » de Falk, qui acquiert peu-à-peu les réflexes d’un véritable soldat, au point qu’on se demande si finalement il n’en est pas devenu un.

Zone de guerre a reçu le prix Bob Morane 2012.

Ma note : 4 sur 5

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