Le passage, épisode 9

Ceci est l’épisode 9 d’une de mes nouvelles intitulée Le passage.
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Moins d’une heure après étaient arrivés le secrétaire à la défense, Tim McMullen, le général du corps des Marines John White et d’un représentant de la CIA, un homme en costume noir à la moustache grisonnante. White avait apporté une malette qu’il posa sur la table situé entre les deux canapés, puis ouvrit. Elle contenait un objet noir de forme rectangulaire, sans aucun détail apparent : pas de prise, pas de bouton d’allumage.
– Qu’est-ce que c’est ? s’enquit le président.
– Un localiseur GPS codé, dont la position ne peut être piratée. Nous le ferons transiter par, euh, la porte que vous nous avez signalé. S’il voyage vraiment vers la côte ouest, nous le saurons de façon certaine.
– Vous n’y croyez pas ?
White prit sa respiration. On sentait que malgré sa réserve toute militaire, il brûlait de donner un avis très tranché sur le sujet.
– On ne peut exclure une supercherie très sophistiquée. Par ailleurs, pour votre sécurité, il importe que vous restiez à distance. Tout cela peut très bien être un stratagème dirigé contre vous.
– Pas question. Avez vous prévenu Camp Pendleton ?
L’intransigeance du président contrastait avec le ton las de White.
– Oui, il y a une liaison vidéo avec la base.
– Parfait. Il reste une quinzaine de minutes, allons-y.
Le groupe sortit dans le jardin de la maison blanche. Le ciel était parfaitement dégagé. Un dispositif de sécurité renforcé mais discret avait été déployé tout autour de la résidence. Les agents du service de sécurité, nerveux, avaient demandé que le président reste dans une espace précis, mais celui-ci avait refusé, expliquant qu’on ignorait l’endroit exact où le passage allait s’ouvrir.
Un soldat des marines s’approcha et fit le salut militaire. White commenta.
– Le caporal Dunst est volontaire pour essayer, si nécessaire, de traverser ce « portail ».
Le président fit un signe d’approbation. Le dispositif de communication fut alors testé : il avait été installé à la hâte et se composait d’une station satellite disposant d’un micro, d’une caméra et d’un écran. Le même matériel était utilisé en Californie. White initia la communication. Sur l’écran apparu le visage d’un officier.
– Colonel Bower, fit White, êtes vous prêt ?
– Oui général, répondit son interlocuteur. La base n’a pas été mise en alerte, nous attendons simplement de savoir où ce passage pourrait s’ouvrir.
Le site de Camp Pendleton avait une superficie de 500 km2, ce qui compliquait fortement l’opération. White termina.
– Merci colonel, restons en ligne.
Larry Cole regarda sa montre. Il ne restait que 5 minutes.

**********

Wentian revint à sa chambre, tendu. Il avait allumé le générateur pour alimenter les électro-aimants, puis programmé la prochaine ouverture. Mais quelqu’un l’avait peut-être vu. Et il ne savait pas si sa lettre était bien parvenue à destination.
Le logiciel conçu par Zhao était couplé à un module cartographie ultra-précis. Fondé sur une combinaison d’images d’origine publique et militaire, il permettait de situer la position du passage avec une précision de deux mètres. Il contenait aussi un relevé topographique indiquant les altitudes, car l’ouverture devait être proche du sol pour être utilisée sans matériel.
Wentian avait alors entré les coordonnées du bureau ovale, dans l’aile ouest de la Maison Blanche, puis avait jeté la feuille de papier au travers du disque noir. Sur l’instant, craignant d’être surpris, il n’avait pas pensé à vérifier la destination avec la caméra de contrôle. Fixée à une perche, on l’avait utilisée lors de la découverte du phénomène.
Finalement, il se reprochait d’avoir négligé un moyen encore plus simple. Pourquoi ne pas avoir passé la tête, tout simplement ?

**********

Le président jeta un coup d’oeil à sa montre, cadeau du gouvernement suisse : c’était l’heure. Il leva les yeux et vit à nouveau le même phénomène que deux heures avant. Mais maintenant il n’était plus le seul.
Devant l’assistance, un point noir apparu à faible distance du sol, et se mit à grossir jusqu’à devenir, en moins de deux secondes, un disque noir d’environ trois mètres de diamètre. Il était suspendu à moins de cinquante centimètres de la pelouse.
Cole fixait le phénomène, la bouche ouverte de surprise. Le disque était totalement noir, et aucun détail n’était visible à sa surface. On pouvait cependant voir le gazon frémir, comme si une petite brise en sortait.
White aussi resta quelques secondes paralysé de stupeur. Puis, se ressaisissant, s’approcha lentement en tenant à la main le module GPS. Il l’amena contre la surface noire, et appuya légèrement. L’objet, puis tout son bras la traversèrent.
Le président fit un pas en avant, mais Cole, situé à sa gauche, le retint.
– Laissez moi, Larry, je suis sûr qu’il n’y a pas de danger.
Il ne s’approcha néanmoins que légèrement, restant à quelques mètres. White passa et repassa le module plusieurs fois, comme pour vérifier qu’il n’était pas affecté. Puis il enfonça son bras jusqu’à l’épaule et le lâcha.
Il n’y eu aucun bruit. White recula et se tourna vers un caporal équipé d’un récepteur GPS.
– Localisez le.
Le militaire appuya sur une touche de l’écran portatif, qui avait été couplé avec le récepteur. Sur l’écran on pouvait voir une carte simplifiée de l’Amérique du Nord, dessinée par des contours blancs sur fond noir. Au bout de 10 secondes, un point rouge apparu au sud de la Californie. Il bougea un peu à droite et à gauche avant de se stabiliser. En dessous, apparaissait le rappel de sa latitude et longitude.
– La position indiquée est située dans l’enceinte de Camp Pendleton.
White regarda le président d’un air grave. Cole, mût par une soudaine curiosité, s’approcha à son tour du disque. A moins d’un mètre, il sentit un vent chaud sur son visage. Après une seconde d’hésitation, il passa le bras et eu l’impression que la température était plus élevée de l’autre côté. Le climat de Californie, pensa-t-il. Puis il approcha son visage.
– Monsieur Cole, fit White, que faites vous ?
Cole ferma les yeux et, d’une large enjambée, traversa le passage. L’assistance, surprise, ne put rien faire pour l’en empêcher. Le président s’approcha quand deux hommes des services secrets se précipitèrent pour lui barrer la route.
– Larry !
Le général White se tourna vers le disque noir, et fit mine de s’en approcher quand celui-ci disparu instantanément.
Tout le monde se regarda, ne sachant que faire ou quoi penser. White rompit le silence le premier.
– Il est fou !
Puis il cria des ordres aux Marines.
– Fouillez les jardins ! Dieu seul sait où est Cole, mais il peut-être tout à côté de nous.
Alors qu’il prenonçait ces mots, son attention fut attirée par le technicien responsable des communications. Il regardait l’écran de la visioconférence avec Camp Pendleton et semblait sidéré.
– Général, vous devriez voir cela.
White s’approcha, et ne put réprimer un « oh » de stupéfaction.
A côté du colonel Bower, le costume couvert de poussière, se tenait Cole.

L’épisode suivant a été publié. Pour le lire, cliquez ici.

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