La planète des singes : l’Affrontement, de Matt Reeves

Ce n’est pas toujours facile pour des jeunes parents de trouver un moment à eux, mais ce fut le cas hier soir : direction le cinéma pour l’avant-première de La planète des singes : l’Affrontement. Salle pleine à craquer, lunettes 3D : voici la suite du film La planète des singes : les Origines, sorti en 2011.

La franchise est une adaptation du roman de Pierre Boulle, comprenez une histoire totalement différente de celle imaginée par l’écrivain, mais qui en reprend les personnages principaux : des singes doués d’intelligence. Les premiers films et séries basés sur cet univers dataient des années 1970 et avaient mal vieilli. Une première tentative de modernisation a été faite en 2001 par Tim Burton, sans grand succès.

Mais en 2011, Rupert Wyatt redonne un nouveau souffle à l’histoire. Alors que Pierre Boulle imaginait le débarquement d’êtres humains sur une planète dominée par les singes (d’où le nom du livre), ici l’affrontement a lieu sur Terre. En cherchant un traitement pour la maladie d’Alzheimer, des chercheurs de San Francisco mettent au point un virus baptisé ALZ-112. Celui-ci est testé sur des singes, et les résultats sont aussi terribles qu’inattendus : les animaux acquièrent une intelligence équivalente à celle de l’homme, mais le virus subit une mutation qui le rend destructeur pour les humains. Transmis au patient zéro par une morsure, il se propage à grande vitesse et élimine 99% de la population terrestre.

La planète des singes : l’Affrontement démarre donc dans un monde presque désert, où un groupe de survivants se heurte à une horde simiesque installée dans la forêt californienne. Elle est dirigée par César, le premier à avoir acquis la faculté de raisonnement. Elevé par les humains, César croit qu’une paix est possible avec eux. Mais ses congénères ne sont pas tous du même avis, et rêvent d’une revanche : mettre les hommes en cage à leur tour.

La cohabitation commence tant bien que mal, les humains ayant obtenu des singes qu’ils les laissent remettre en état une centrale hydro-électrique nécessaire à leur besoins en énergie. L’un d’eux, Malcolm, se bat pour convaincre les siens d’éviter toute provocation. Mais des armes sont découvertes dans un dépôt de la garde nationale, et dans le camp des singes, les partisans de la guerre y voient l’occasion d’être enfin l’égal des humains. Leur leader, Koba, tire sur César et le croyant mort, se proclame le nouveau chef. Mais César survit, soigné par les hommes. Pour reprendre le pouvoir et éviter la guerre, il devra leur faire confiance.

Si le scénario du film tient sur deux lignes, sa réalisation est époustouflante, dans la veine d’Albator même s’il n’est que partiellement en images de synthèse. Il est bien loin le temps des masques et des déguisements ! Les acteurs comme Andy Serkis, qui incarne César, ont subi la désormais traditionnelle séance de capture de mouvements, ce qui permet au singe d’exprimer une large palette d’émotions, notamment au niveau du visage. S’agissant d’animaux, l’animation ne permet d’ailleurs plus de distinguer réellement un vrai singe d’un faux, y compris dans les gros plans.

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Par ailleurs, la production n’a pas été pingre : César ou ses congénères sont présents presque tout le temps à l’écran, et du coup, ce sont eux les vrais héros du film, face à des humains décevants et réduits aux personnages secondaires. On est loin des 7 minutes de temps cumulé que les dinosaures nous offraient dans le premier Jurassic Park. Quant à la reconstitution d’un San Francisco « post-apocalypse », après dix ans d’abandon, elle est excellente jusque dans les détails et rappelle le New York de Je suis une légende (2007).

Le thème principal du film tourne autour de l’intelligence et de ses conséquences : une fois sortis de l’animalité, les singes commencent à se battre pour le pouvoir, éprouvent de la rancune envers leurs anciens maîtres, et finalement déclenchent une guerre. Le personnage de César évolue ainsi, d’abord furieux envers les hommes, puis brisé par le constat que les singes leur ressemblent. Une histoire classique donc, mais qui se déroule sans temps morts pendant plus de 2h.

Une petite question, pour finir, que je me suis posé en sortant de la salle : est-il réaliste d’imaginer des singes intelligents et capables de parler ? Si la science-fiction est capable de tout, il semble pourtant que l’anatomie du larynx d’un chimpanzé, l’espèce la plus représentée dans le film, ne lui permettrait pas de former des mots. Quant au volume de son cerveau, il est bien plus petit que le nôtre (450 cm3 contre 1400 cm3), ce qui limite ses capacités. Même s’il reste l’animal le plus proche de l’homme, ce n’est pas demain que le singe viendra nous concurrencer…

Ma note : 4 sur 5

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