Silo : Origines, de Hugh Howey

Le premier article de ce blog était une critique de Silo, roman de Hugh Howey qui nous transporte dans un univers souterrain post-apocalyptique. Un succès commercial qui laissait toutefois beaucoup de questions sans réponses, d’où certainement la sortie d’un préquel, Silo Origines, qui comme son nom l’indique se déroule avant les évènements du premier livre.

Nous sommes en 2049. Donald Keene, 35 ans, ancien architecte, vient d’être élu député grâce à l’appui du sénateur Thurman. Ce dernier lui demande en retour de l’aider sur un projet ambitieux : concevoir un immense abri anti-atomique, qui sera construit en plusieurs exemplaires à côté d’un site de stockage de déchets nucléaires. L’objectif officiel n’est pas qu’ils servent un jour, mais de sensibiliser les esprits aux problématiques écologiques. En guise de motivation, et peut-être aussi pour le surveiller, Thurman fait aider Donald par Anna, sa fille et ex petite amie du héros.

Le député se consacre à cette tâche pendant trois ans, imaginant un bâtiment souterrain si grand qu’il serait « la plus haute tour du monde s’il était construit à la surface ». Thurman lui fait également lire « l’Ordre« , un livre assez obscur qui détaille, apparemment, la façon de s’organiser pour survivre en milieu confiné. Mais le jour de l’inauguration du site, en plein milieu de la cérémonie, Atlanta, la ville voisine, subit une attaque nucléaire. Des milliers d’invités se précipitent dans les silos dont les portes se referment derrière eux.

Parallèlement à ce premier récit, on découvre celui de Troy, un personnage qui s’avère rapidement n’être autre que Donald lui-même, mais cinquante ans plus tard, en 2110. Le silo numéro 1, où il se trouve, est en effet équipé de systèmes de cryogénisation : le personnel dort pendant des décennies, puis est réveillé à intervalles réguliers pour une période de 6 mois. Seuls les hommes travaillent, les femmes et les enfants restant endormis en permanence. Les autres silos, au contraire, sont mixtes et les habitants, qui ne sont jamais cryogénisés, y naissent, vivent et meurent.

Mais s’il est possible de communiquer par radio avec eux, on ne peut pas s’y rendre. Car à l’extérieur, l’environnement est devenu mortel. Toute sortie d’un silo est impossible. Exception faite des humains enterrés, la vie sur Terre a disparu.

Le temps passe et Donald, brisé, découvre que dans la confusion initiale, sa femme est entrée dans un autre silo, y a vécu et fondé une famille avec son meilleur ami. Mais il réalise également peu-à-peu qu’il est manipulé par Thurman. Il n’est qu’un pion dans une machination étalée sur plusieurs siècles. S’il veut survivre, il doit en comprendre le but ultime.

Disons le toute de suite, Silo Origines est beaucoup plus réussi que le premier volet. Hugh Howey a travaillé son intrigue et distille un suspens beaucoup plus angoissant : le lecteur ressent la claustrophobie de la vie dans le silo, de même que la souffrance d’un homme qui se réveille dans un futur infernal, des années après la mort de sa famille. Dans le silo, il n’y a pas d’amis, seulement des survivants qui sont tous suspects.

L’auteur construit son récit sur des concepts originaux, comme l’effacement des souvenirs et les nanos-machines, des petites mécaniques microscopiques capables, au choix, de tuer ou de soigner leur hôte. Il répond à certaines questions posées dans le tome 1, mais pas toutes. Avec la survie, l’autre thème principal du livre est la manipulation, qu’on retrouve partout : le changement de nom des personnages, le décor conçu pour décourager les habitants du silo d’en sortir (comme le paysage extérieur visible à la cafétéria), l’isolement volontaire des populations, et le « reset » de celles qui deviennent trop curieuses, etc.

Toutefois, certains chapitres sont de qualité inégale : une partie du récit se déroule dans un autre silo et nous fait découvir Mission, un personnage dont les aventures trainent en longueur et n’apportent rien à l’intrigue, au point que j’ai même eu du mal à ne pas décrocher. Heureusement, l’histoire principale reprend et maintient l’intérêt du lecteur jusqu’à la fin.

J’ai aussi trouvé quelques situations incohérentes : comment Donald peut-il prendre la place de Thurman alors qu’après sa première faction, il doit nécessairement être connu de beaucoup de monde ? Pourtant personne ne le reconnait. Par ailleurs, un siècle après avoir été isolés, les habitants des silos semblent ne manquer de rien : nourriture, mais aussi papier, crayons, etc. On veut bien croire que l’agriculture est possible en autarcie dans des fermes hydroponiques, mais comment fabriquer ou réparer tous les objets du quotidien dans un espace aussi réduit que le silo ?

Silo Origines, c’est aussi une réflexion sur la vie confinée, et sur le fonctionnement d’un groupe humain. Beaucoup de fantasmes s’y trouvent illustrés : le vrai pouvoir se cache, les habitants ne doivent pas avoir connaissance de la réalité, etc. Pour survivre, la société souterraine imaginée par Hugh Howey doit répondre à cette question : comment manipuler des milliers de personnes pendant plusieurs siècles sans qu’ils s’interrogent et se révoltent ?

Ma note : 4 sur 5

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