Le passage, épisode 1

Comme expliqué dans le premier article de ce blog, j’écris moi-même des récits de SF, des nouvelles essentiellement. Un roman est en chantier ; mon objectif serait de le publier sur format numérique, par exemple sur le Kindle d’Amazon.

Mais pour cela, j’ai besoin d’un retour de mes lecteurs. Qu’avez-vous apprécié ? Qu’avez vous détesté ? Que pensez vous du style, du scénario, des personnages ? Y a-t-il du suspens, ou s’ennuie-t-on fermement ? L’histoire est-elle crédible, et si ce n’est pas le cas, est-ce nécessaire ou pas ? Tous vos avis sont importants, n’hésitez donc pas à me les laisser en commentaire.

Voici donc une première nouvelle, intitulée Le passage, et récemment terminée. Elle sera publiée sur ce site à raison d’un chapitre par article. Un lien permettra aux lecteurs arrivés en cours de route de revenir facilement au premier épisode.

Merci d’avance pour votre retour, et à très bientôt.

 


 

LE PASSAGE

De Jean-Luc Durand
Reproduction interdite sans autorisation

 

18h10. Le commandant Steve Tolin relut le bulletin météo qu’on lui avait fait parvenir avant le vol. Une feuille blanche frappée du logo de la compagnie, et sur laquelle était indiquée laconiquement « temps clair sur tout le parcours ».

Le vol American Airlines AA671 avait décollé depuis 3h et rien jusqu’à présent n’était venu perturber la croisière transatlantique qu’il offrait à ses 250 passagers. Le Boeing B767 suivait sa route de New York à Londres en respectant les normes du vol commercial traditionnel : léger retard à JFK pour cause de bagage suspect, démonstrations de sécurité effectuées par des hôtesses blasées à un public indifférent, décollage, repas, et file d’attente devant les toilettes.

Le copilote, Alan Dopster, racontait ses dernières vacances aux Bahamas, facilitées par les vols gratuits offerts par la compagnie à son personnel, comme le veut la tradition. La chef hôtesse était venue leur apporter une boisson. D’après elle, les passagers étaient détendus : un compartiment Business à moitié vide, et une classe éco pleine à craquer d’américains en partance pour un tour d’Europe. Seule difficulté à vrai dire : un groupe de jeunes scolaires qui s’agitait un peu, la faute à un accompagnateur sans autorité.

Tolin releva le nez de sa feuille. Quelques instants auparavant, il avait repéré sur le radar météo ce qui ressemblait à un orage. Droit devant, on distinguait effectivement un nuage gris très sombre, large, qui tranchait bizarrement sur le bleu parfait du ciel environnant. Il semblait encore loin, mais à 900 km/h la distance est quelque chose de très relatif. Le commandant interrompit son collègue.
– Tu as vu ce truc ? C’est étonnant car la météo n’en parle pas. Voyons si on peut le contourner.

Les deux pilotes appliquèrent la procédure d’évitement d’une perturbation. Ils commencèrent à programmer le pilote automatique pour modifier la trajectoire, puis s’interrompirent. Quelque chose clochait.
Hey, fit Dopster, tu ne trouves pas qu’il s’approche vite ?
– Carrément. On croirait qu’il avance pile à contresens.

Le nuage s’élargissait de plus en plus. Les deux pilotes se hâtèrent et l’avion commença à virer sur la gauche. Leur surprise n’en fut que plus grande.
– Il vire aussi ? Il se place devant nous ou quoi ?
– Je n’en sais rien, j’ai même l’impression qu’il grossit. Ce n’est pas possible autrement, il ne peut pas avancer aussi vite.
– Tu penses qu’on va pouvoir l’éviter ?
– Pas sûr. Allez, préviens les filles.

Tolin faisait ainsi allusion à l’équipage, bien que celui-ci ne fût pourtant pas complètement féminin. Un signal sonore se fit entendre dans la cabine passagers, tandis que les symboles « Attachez vos ceintures » s’allumaient.

Le nuage occupait maintenant tout le champ visuel des pilotes et semblait grandir de plus en plus vite. Il était clair que le B767 n’allait pas avoir d’autre choix que de le traverser. On distinguait même, furtivement, quelques petits éclairs ça et là. Tolin appuya sur l’interrupteur qui connectait son micro au haut-parleur de la cabine. Calmement, il articula : « PNC assis attachés ». Puis une voix féminine se fit entendre, prévenant les passagers que l’avion allait traverser une classique « zone de turbulence. »

Le Boeing pénétra dans le nuage. Dans le cockpit, les pilotes virent une nuée d’éclairs les entourer. L’appareil commença à trembler, et parmi les passagers le silence se fit, signe caractéristique d’une montée de stress.

Tolin débrancha le pilote automatique, effectua un léger virage sur la gauche, puis demanda au copilote de signaler leur position par radio. Dopster allait le faire quand un phénomène bizarre apparut en face d’eux. Un disque noir, d’abord petit, puis de plus en plus gros, se dirigeait droit sur eux.
Shit, c’est quoi ça encore ?
– Aucune idée, on l’évite, répondit Tolin rapidement. Puis il tourna légèrement la commande du gouvernail sur la gauche. L’avion vira d’abord comme attendu, puis… reprit brutalement sa position en face du disque, laissant les deux pilotes médusés.
– Mais enfin il se passe quoi ? Vire ! aboya Dopster.
– Du calme, on essaie encore, murmura le commandant.
Nouvelle manoeuvre, et rétablissement encore plus brutal. Parmi les passagers, certains commencèrent à gémir.
– Ce truc nous aspire ! On dégage !
– Trop tard.
L’objet envahit tout le champ de vision. Il était totalement opaque. Les deux hommes eurent l’impression que l’appareil allait s’écraser contre un mur.
– Nooooooonnn !! cria Dopster, s’accrochant à son siège.

Le B767 traversa littéralement le disque noir. Il y eu comme un flash, puis une sensation d’ascension incroyable. Les passagers, collés à leur siège, se mirent à crier. La luminosité extérieure chuta brutalement, et l’avion se cabra soudainement vers la droite.
– Redresse, redresse !
– J’essaye ! Vitesse ascensionnelle ?
– Négative, 100 pieds par minute.
– Hein ?!
– Moteurs arrêtés !

Tolin ne comprenait plus rien. Pourquoi était-il écrasé dans son siège si l’avion descendait ? Et pourquoi une panne simultanée des deux moteurs ? Il n’eu pas le temps de trouver une réponse car le B767 roula brutalement sur la gauche, ailes verticales. Dans la cabine, les objets volèrent et les hurlements atteignirent un sommet. Dopster appuya sur la commande de démarrage mais les voyants indiquant l’état des réacteurs restèrent rouges. Tolin essaya à son tour quand son attention fut attirée par l’indicateur de température extérieure.
– On est à – 90°C ! Et ça chute encore.

L’avion reçut une nouvelle rafale de vent. Cette fois-ci l’appareil plongea brièvement, avant de se redresser. Tolin ne voyait plus la mer bleue qui apparaissait à perte de vue quelques minutes auparavant. L’avion semblait perdu dans un nuage, d’une couleur beige sombre inhabituelle. Les yeux du pilote se dirigèrent à nouveau vers le thermomètre. Il ne pouvait croire ce qu’il voyait.
– 130 degrés en dessous de zéro ! Les instruments déconnent !
– Non, regarde ça… fit Dopster en essayant de se redresser.
Le vitres commençaient à se couvrir de givre. La cabine elle-même devint brutalement froide. Malgré leur tension, les pilotes comprirent que les instruments ne mentaient pas.
– Il faut descendre, qu’on passe en dessous de cette saloperie.
– Accroche toi, fit Tolin, en poussant la gouverne vers l’avant.

L’avion piqua du nez. Un raclement sourd se fit entendre, comme si un géant passait son doigt sous la carlingue. L’espace d’un instant, les passagers eurent l’impression d’être un peu plus légers, puis l’écrasement reprit. Tolin parvint à contrôler la descente, mais toujours pas de mer sous le nuage.
– Steve, ça débloque, on ne descend pas, on monte.
– Négatif, on descend. Regarde la vitesse ascensionnelle.
– L’altimètre est fou ! Il indique 60.000 pieds ! Et là 50.000 !
– Rien à f… de ça, on va raser la mer, et se sortir de ce truc le plus vite possible.

A peine avait-il finit de parler qu’un souffle incroyable renversa le Boeing, qui se retrouva encore les ailes verticales. Tolin voulu le ramener à sa position naturelle mais n’y parvint pas ; les commandes semblaient maintenant totalement sans effet. Il comprit que les gouvernes de direction et de profondeur était probablement gelées. Un grincement terrible fit vibrer la carlingue, puis il y eu un choc, brutal, comme un coup de poing. L’aile gauche venait de se rompre à la base du fuselage.

L’avion prit une posture verticale, et commença à descendre en vrille. Les pilotes ne pouvaient plus rien faire. Leur dernière vision fut celle des nuages environnants, qui semblaient en rotation. Puis le vitrage du cockpit implosa, et, moins de deux secondes plus tard, le Boeing se disloqua en des centaines de morceaux, vaincu par les éléments.

L’épisode suivant a été publié. Pour le lire, cliquez ici.

2 commentaires sur “Le passage, épisode 1

  1. Le debout ne m’attire pas trop, je ne connais pas la suite de l’histoire pour l’instant, mais cella sent trop triangle des Bermudes et  »trop déjà vu ».

    Mais BRAVO continuez !… On ne peut pas plaire à tout le monde et il y aura toujours aboiements quand la caravane passe 🙂

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