La Nef des fous, de Richard Paul Russo

Le mot nef a deux significations : la partie centrale d’une église, et un type de bateau à voile apparu au XIIIème siècle. C’est aussi une bonne façon de résumer deux des thèmes abordés dans ce roman : le pouvoir religieux et l’exploration.

Richard Paul Russo est un auteur américain né en 1954. Il a publié moins d’une dizaine de romans dont La Nef des fous (2001) est le plus vendu. Il a obtenu le prix Philip K. Dick en 1989, ce qui a grandement contribué à sa notoriété.

Le roman nous transporte dans un futur lointain, à bord d’un immense vaisseau spatial, l’Argonos. Ses milliers de passagers ne savent pas pourquoi ils sont là : ils naissent, vivent et meurent à bord depuis des générations. L’Argonos parcourt la galaxie à la recherche d’une planète habitable, mais les tentatives de colonisation ont jusqu’ici toujours échoué.

La population du vaisseau est divisée en castes : parmi elles, l’une détient le pouvoir, et une autre est condamnée à effectuer les basses besognes. La religion a un poids très important : le clergé catholique participe au pouvoir, et son chef, l’Evèque, rêve de l’accaparer complètement.

L’histoire est racontée à la première personne par le héros, Bartolomeo Aguilera. Né avec de terribles malformations – ses deux bras ne font que 12 cm et il a un pied beau – il s’habille d’un exosquelette de métal équipés de bras mécaniques. Intelligent, il est le conseiller de Nikos, le capitaine.

Le début du roman s’ouvre sur un problème politique : la population ne veut plus du statu quo et demande un changement de direction. Nikos prévient Bartolomeo qu’il a un plan pour se maintenir en place, mais sans le lui dévoiler. Il lui apprend que l’Argonos s’approche d’une planète habitable, baptisée Antioche, qui émet un signal radio d’origine inconnue.

La planète est explorée et les découvertes sont macabres. Il y a des villes, mais elles sont désertes ; on trouve seulement des cadavres humains, visiblements morts après avoir été torturés. La direction de l’Argonos décide de quitter la planète, mais les passagers les plus défavorisés ne n’acceptent pas. Ils fomentent une mutinerie pour fuir le vaisseau et s’installer sur Antioche. Bartolomeo décide de les aider, mais l’opération échoue et il est emprisonné.

Entretemps, l’Argonos a repris son voyage. Plusieurs mois après, il croise un vaisseau spatial immense, immobile, et dont l’apparence suggère une origine non-humaine. Le capitaine Nikos y envoie une première équipe d’exploration, mais une bonne partie de ses membres perd la vie dans d’étranges accidents. Il décide alors de libérer Bartoloméo, en échange de quoi ce dernier devra se rendre sur le bâtiment alien et en percer le secret.

La Nef des fous n’est pas un roman sur les technologies du futur. L’environnement, notamment le vaisseau spatial, n’est décrit que dans ses grandes lignes ; au contraire, l’auteur attache beaucoup d’importance aux rapports humains.

Dans la première partie du livre, on assiste à une intéressante lutte de pouvoir sur fond de rivalités sociales. L’Argonos fait vaguement penser au Titanic : on y trouve des privilégiés, dont un commandant à la fonction presque héréditaire, et des soutiers à la vie misérable, littéralement enfermés dans les bas-fonds du navire. Cependant, le récit est trop superficiel et peine à captiver le lecteur.

Après un passage un peu gore sur la planète Antioche, le roman revient vers la SF pure et dure avec l’exploration du vaisseau inconnu. Mais sans parvenir à relancer l’intérêt : le suspens est insuffisant, la personnalité des protagonistes est ambigüe, et l’histoire traine en longueur. Toutefois, dans le dernier tiers du livre, la révélation de la véritable nature des aliens apporte enfin un peu d’originalité.

On note que le nom Argonos est une allusion au voyage des argonautes de la mythologie grecque. J’ai relevé aussi des détails agaçants. Un personnage au nom à connotation française, Michel Tournier, qui est présenté comme particulièrement lâche. Quant au clergé catholique, on ne voit pas trop ce qu’il apporte à l’histoire et semble n’être là que pour être critiqué. Les préjugés d’un auteur américain ?

Pour conclure, La Nef des fous, malgré un scénario intéressant, traine en longueur et ne parvient pas à passionner. De nombreuses questions restent aussi sans réponse. Un roman plus psychologique, à la limite, que de SF.

Ma note : 2 sur 5

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