Coalescence, de Stephen Baxter

La science-fiction, ce n’est pas seulement le récit du futur. C’est aussi le passé et le présent. C’est ce que nous rappelle Stephen Baxter dans Coalescence, roman publié en 2003. Il est le premier d’un cycle, « Les Enfants de la destinée », qui en compte trois autres : Exultant (2004), Transcendance (2005), et Resplendent (2006, non traduit pour le moment).

L’auteur, né en 1957, n’est pas un débutant. A l’image d’un Isaac Asimov, sa bibliographie est impressionnante : 30 romans et 160 nouvelles. De formation scientifique, il cherche à donner à ses romans une base crédible ; c’est la science-fiction dure.

Le mot « coalescence » est synonyme de fusion, de mélange. Ici il s’agit d’un mélange d’époques, puisque nous suivons deux histoires en parallèle, l’une contemporaine et racontée à la première personne par le héros, George Poole, et l’autre se déroulant au Vème siècle en Bretagne romaine, l’actuelle Grande-Bretagne.

Poole est un type normal, un informaticien divorcé de 45 ans, et qui vient de perdre son père. Il découvre à cette occasion qu’on lui a caché l’existence d’une soeur jumelle, Rosa, et que celle-ci a été envoyée très jeune à Rome, dans une institution appellée Ordre de Sainte Marie Reine des Vierges. Craignant qu’il s’agisse d’une secte, il décide de mener son enquête. Il se rend d’abord chez sa soeur ainée, en Floride, qui avoue avoir su pour Rosa et lui donne une piste à suivre.

Il renoue aussi avec Peter McLachlan, un ancien camarade de lycée qui se passionne pour les phénomènes inexpliqués. Au même moment, on apprend qu’un mystérieux objet a été détecté aux confins du sytème solaire, dans la ceinture de Kuiper : il a la forme d’un tétraèdre – une pyramide à 4 côtés – ce qui implique qu’il n’est pas d’origine naturelle.

1600 ans plus tôt, au coeur de ce qui est aujourd’hui la Grande-Bretagne, Regina, une fillette de sept ans, est emportée par son grand-père Aetius vers le mur d’Hadrien, la frontière avec l’Ecosse. Née dans une riche famille patricienne, elle glisse progressivement vers la pauvreté. Autour d’elle, la civilisation s’effondre après l’abandon de la province par un Empire romain moribond. Pourtant, animée d’une volontée de vivre à toute épreuve, elle va atteindre Rome et y fonder une communauté d’un genre nouveau.

Ce qui caractérise ce roman, c’est d’abord le fait qu’il ne fait de la SF que dans sa dernière partie. Jusque là, on suit deux récits qui font plutôt penser à une intrigue historique. Le thème principal réside dans la mission que s’est donnée l’Ordre de Sainte Marie Reine des Vierges : créer un nouveau type d’être humain.

Pour reprendre la comparaison avec Isaac Asimov, le style de Stephen Baxter est aux antipodes : chez lui l’action avance moins vite, mais les descriptions sont très détaillées et les personnages ont plus de profondeur. Les dernières décennies de l’Empire romain, entre autres, sont décrites avec un réalisme saisissant.

Par ailleurs, j’ai lu ça et là des comparaisons avec le Da Vinci Code et je trouve qu’elles sont injustes pour Baxter. Coalescence ne s’adresse pas au même public : sur le fond il ne donne pas d’interprétations fantaisistes de faits historiques, ne verse pas dans une banale théorie du complot, et sur la forme n’a pas besoin de procédés narratifs pour maintenir le suspense, comme les chapitres courts.

Finalement, on est plus près de la fiction que de la science. Coalescence est une sorte d’analyse, un peu pessimiste d’ailleurs, de la façon dont fonctionne une société humaine et des alternatives possibles, incarnées par l’Ordre. Mais c’est aussi un roman original, qui montre – et là je m’adresse particulièrement au cinéma – que les scénarios innovants existent encore.

Ma note : 5 sur 5

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