Exultant, de Stephen Baxter

Exultant (2004) est le deuxième tome de la série Les Enfants de la destinée de Stephen Baxter, le premier étant Coalescence. Si le premier livre était à la limite de la SF et du roman historique, le second nous plonge directement dans une ambiance plus proche de Star Wars.

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Le décor rappelle vaguement l’Empire galactique d’Isaac Asimov : 20.000 ans dans notre futur, les humains occupent une grande partie de la galaxie. Malheureusement, une race extra-terrestre, les Xeelee, leur dispute la place en un guerre qui dure depuis des millénaires. Ils sont concentrés près du centre galactique, où Baxter imagine, comme Asimov d’ailleurs, que se situe un trou noir géant nommé Chandra – une théorie d’ailleurs confirmée plus tard par la science.

Les combats entre humains et Xeelee sont terribles puisque les premiers y perdent environ 10 milliards d’hommes chaque année. Des jeunes sont donc sélectionnés pour devenir de parfaits petits soldats, ce qui n’est pas sans rappeler La Stratégie Ender d’Orson Scott Card. Ces combattants du futur bénéficient d’une technologie avancée qui leur permet de se déplacer plus vite que la lumière, et par conséquent de pouvoir voyager dans le temps. Les belligérants peuvent ainsi connaitre à l’avance les intentions de l’adversaire, mais cet avantage est réduit dans la mesure où les deux camps en disposent.

Dans ce contexte, Baxter nous propose de suivre les aventures de Pirius, un pilote. Engagé dans une bataille qui tourne au massacre pour son camp, il refuse d’obéir à l’ordre de résister jusqu’au bout, et choisit de s’enfuir. Il réussit cependant à capturer un vaisseau spatial Xeelee, ce qui est une première. Puis il rentre à sa base et y arrive deux ans avant son départ, conséquence du voyage supra-luminique. Il s’y rencontre alors lui-même, son double qui à l’époque n’est encore qu’aspirant soldat. Malgré son exploit, Pirius et son double sont jugés pour désobéissance.

Les deux personnages, baptisés « Pirius bleu » pour le plus vieux et « Pirius rouge » pour le plus jeune, sont condamnés. Le premier est envoyé au front comme fantassin, et le second reste à l’arrière avec Nilis, membre de la commission pour la « Vérité historique », qui cherche à tirer partie du succès de Pirius bleu. L’objectif est de se servir du vaisseau capturé pour lancer un assaut directement contre le trou noir central.

Pour cela, il faut l’armement adéquat, ce que Nilis recherche en voyageant à travers le système solaire. On découvre notamment, sur la planète Mars, qu’une organisation de type « Coalescence », celle-là même qui était décrite dans le premier livre de la série, s’est constituée pour conserver le savoir de l’humanité.

Ce livre est assez surprenant pour qui a lu récemment Coalescence. Il est vrai qu’on ne voit pas a priori le lien entre l’Empire romain et les aliens Xeelee. Puis on comprend qu’il s’agit d’une sorte de fresque de l’histoire humaine, étalée sur des millénaires. Là encore, difficile de ne pas faire un parallèle avec l’univers d’Isaac Asimov ; c’est d’autant plus flagrant que la coalescence martienne évoque évidemment la Fondation de Hari Seldon.

Mais le monde de Baxter est différent. Les robots n’y ont pas une place centrale, on y trouve des peuples non humains et les technologies sont différentes. Le voyage temporel, notamment, est possible et cela a des conséquences inattendues, comme le fait de juger un homme pour des actes qu’il n’a pas encore commis. Je trouve cependant que l’auteur passe un peu trop rapidement sur les effets secondaires du retour vers le passé : on voit Prius rencontrer son double plus jeune, ce qui est logique à première vue. Mais comment cela est-il gérable à grande échelle ?

Baxter s’attache aussi à montrer que l’être humain du futur, incarné par Pirius, n’a pas changé ; il est toujours doté d’une personnalité propre que l’endoctrinement ne peut effacer. La peinture du régime politique est dans la même veine : les politiciens n’ont pas de respect pour la vie humaine et semblent même tirer profit de la guerre, à tel point qu’ils ne font rien pour l’abréger.

Ce roman vaut le détour, mais j’ai toutefois été moins conquis que par Coalescence, car je trouve l’univers décrit un peu trop délirant. En outre, s’il y a un lien avec le premier livre, il est vraiment ténu, quoique cela permet de lire Exultant indépendamment.

Ma note : 4 sur 5

 
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