Europa Report, de Sebastián Cordero

Ah la vie extra-terrestre, en voilà un thème de SF porteur. Mais à quoi pourrait-elle ressembler et où la trouver ? C'est à cette question qu'ont essayé de répondre les producteurs d’Europa Report, un film américain sorti en 2013 mais que j'ai revisionné par hasard hier.

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A la réalisation on trouve Sebastián Cordero, un équatorien dont la filmographie est particulièrement obscure. La distribution est du même ordre, à l'exception de Michael Nyqvist, acteur suédois déjà vu dans la trilogie Millénium.

Ici le mot Europe ne fait pas allusion au continent, mais au satellite de Jupiter. D'une taille similaire à notre lune, on le soupçonne depuis longtemps d'héberger un océan d'eau sous sa croûte de glace. Et qui dit eau liquide dit possibilité de vie.

C'est pour explorer cette possibilité que dans un futur proche, une mission spatiale est envoyée sur place. Composée d'une équipe internationale de six personnes dirigée par le capitaine Willam Xu (Daniel Wu Yanzu), elle subit tout d'abord une grave avarie pendant le voyage, un tempête solaire coupant la communication avec la terre. En essayant de réparer, l'un des membres de l'équipage y laisse la vie.

La vaisseau spatial arrive néanmoins sur Europe et se pose. L'équipe commence à forer le sol jusqu'à atteindre la couche liquide, puis y largue une sonde. Mais celle-ci est détruite par un phénomène mystérieux. La biologiste Katya Petrovna (Karolina Wydra) propose alors d'effectuer une sortie extra-véhiculaire afin d'examiner des échantillons de glace de la surface. Ceux-ci s'avèrent contenir une forme de vie extra-terrestre. C'est alors qu'une étrange lumière bleue attire son attention.

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Alors que penser de ce voyage interplanétaire ? Si les superproductions hollywoodiennes sont caractérisées par leur débauche d'effets spéciaux, ce n'est clairement pas le cas ici. Europa Report donne l'impression d'être une réalisation européenne car à peu près tout est au rabais : les décors, la notoriété des acteurs, et même la qualité de la réalisation.

Les décors, d'abord, sont réduis à l'essentiel. Le film se concentre sur l'intérieur du vaisseau spatial, une façon de réduire les coûteuses scènes extérieures où la faiblesse des moyens serait plus visible. Même l'interface utilisateur des écrans de contrôle fait cheap et évoque les jeux vidéos des années 90. Le réalisme en prend un coup : il faut vraiment beaucoup d'imagination pour se croire dans la banlieue de Jupiter.

Les acteurs, ensuite, sont navrants et s'ennuient autant à tourner le film que nous à le regarder. Personnellement je n'ai jamais été partisan du star-system, et il est clair que des comédiens peu connus peuvent très bien incarner un personnage de façon tout à fait honorable. Mais ici, leur prestation fait penser à un fan-film, ces vidéos réalisées par des amateurs.

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Seul le scénario évite le naufrage, car quoique peu original, il ménage un certain suspens. Mais la conclusion est trop brutale, et sans la dévoiler, on reste un peu sur sa faim.

Finalement, Europa Report ressemble à un film TV pas cher d'il y a 20 ans, le genre qu'on regarde à moitié endormi après une longue journée de travail. Ses producteurs en étaient sûrement conscients : il est sorti directement en DVD, sans passer par les salles de cinéma. Et quand on l'a vu, on les comprend.

Ma note : 2 sur 5

 
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